Je peins à l'encre de chine sur un papier oriental pour la calligraphie.
Les couleurs proviennent de pigments naturels.

Je commence par écrire au pinceau un poème (de Prévert, Victor Hugo, Baudelaire etc.). Volontairement, l'écriture est variée, parfois ronde, parfois penchée, en majuscules ou en minuscules, tout est possible pour animer la surface blanche du papier.
Cette écriture peut être utilisée à l'horizontale ou à la verticale.
Parfois je peins au verso sur la trace de l'écriture.
Ce premier travail correspond aux fils de trame du tapissier.
Ensuite je pose des noirs, des gris, des couleurs dans un certain ordre, qui vont créer des reliefs, des mouvements.
Plusieurs couches sont nécessaires.

Le texte n'existe plus en tant que tel. Il est brouillé.
Par contre, chaque tableau a pour titre un vers du poème choisi ou son titre.

L'écriture devient peinture.

En rappel, les titres des tableaux correspondent aux titres des poèmes.

Mes influences viennent de l'Asie. J'ai pratiqué la calligraphie chinoise depuis une trentaine d'années avec des maîtres coréens. Je me suis familiarisée avec les notions de vide et de plein. L'observation précise de la nature est la source de mon travail. Je m'appuie sur de nombreux croquis pour ne garder que l'essence des éléments qui la compose.

Rembrandt, dans sa manière de traiter l'ombre et la lumière, les artistes coréens Ung-No Lee, In Kyung Park, les artistes chinois Shih-t'ao, Zao Wu Ki, m'ont nourrie.